Combien coûte une carte de fidélité digitale ?
Le prix affiché n’est qu’une partie de la facture. Voici les postes de coût d’une carte de fidélité digitale, ceux que l’on oublie, et la seule question qui compte vraiment : ce qu’elle vous rapporte.
Trois façons de s’équiper
1. Un logiciel de fidélité en abonnement
C’est la formule la plus courante pour un commerce de proximité : un prix mensuel, le plus souvent par établissement. L’éditeur fournit la carte Apple Wallet et Google Wallet, l’outil pour la scanner et, selon l’offre, les relances automatiques et le fichier client.
2. La fidélité incluse dans votre caisse
Beaucoup de logiciels de caisse proposent un programme de fidélité, parfois compris dans l’abonnement, parfois en option. Il compte les points de vos clients, mais la carte vit souvent dans la caisse plutôt que dans le téléphone du client, et le fichier suit le logiciel : voir ce qu’elle fait, et quand elle suffit.
3. Une carte développée sur mesure
Vous payez le développement, puis chaque année l’hébergement, la maintenance et le compte développeur Apple. Cette voie se justifie pour une enseigne dotée d’une équipe technique, rarement pour un commerce indépendant. Le détail des étapes est dans notre guide créer une carte de fidélité Apple Wallet.
Les postes de coût à vérifier avant de signer
- L’abonnement. Par mois ou par an, par établissement ou pour toute l’entreprise, hors taxes ou toutes taxes comprises. Un prix annuel plus bas peut cacher un engagement.
- La mise en route. Frais de mise en service, création de la carte à vos couleurs, formation de l’équipe : compris ou facturés à part ?
- Le matériel. Une carte Wallet se scanne avec un simple téléphone. Si une offre exige une tablette, un lecteur ou un terminal, demandez pourquoi.
- Les messages. Les SMS se paient en général au message. Demandez si les notifications envoyées sur la carte du client sont incluses dans l’abonnement, et s’il existe un plafond.
- Les limites. Nombre de clients, de scans, de campagnes ou d’utilisateurs : ce qui est compris, et ce qui devient payant au-delà.
- La sortie. Durée d’engagement, préavis, et surtout l’export de votre fichier client : gratuit, à tout moment, dans un format que vous pouvez rouvrir ailleurs.
Le coût que l’on oublie : la récompense
La récompense est le poste le plus important, et le seul que l’abonnement n’affiche pas. Pour le mesurer, comptez son prix de revient, pas son prix de vente, et rapportez-le à ce que le client a dépensé pour remplir sa carte : c’est la remise réelle.
Exemple : un client dépense 8 € par passage et remplit sa carte en 10 passages, soit 80 €. La récompense vous coûte 3 € de revient. La remise réelle est de 3,75 %.
Entre 2 et 8 %, une carte est généralement équilibrée. Au-delà, elle coûte sans changer les habitudes ; en deçà, elle ne motive personne. Pour trouver la bonne, voir nos exemples de récompenses par métier.
La vraie question : ce qu’elle rapporte
Une carte de fidélité est rentable quand la marge des visites qu’elle ajoute dépasse son abonnement et ses récompenses. Le calcul tient en une ligne.
Exemple : avec un panier moyen de 8 € et une marge brute de 60 %, chaque visite vous laisse 4,80 €. Un abonnement de 100 € par mois est couvert par 21 visites de plus dans le mois, soit moins d’une par jour d’ouverture.
Ces chiffres sont des exemples : remplacez-les par les vôtres. Le simulateur de rentabilité d’un programme de fidélité fait le compte avec des hypothèses prudentes, récompenses et abonnement déduits.
Questions fréquentes
Une carte de fidélité digitale gratuite, ça existe ?
Oui, certaines offres sont gratuites ou incluses dans un logiciel de caisse. Vérifiez ce qu’elles contiennent : une vraie carte dans le Wallet ou non, des relances, l’export du fichier client, et ce qui devient payant au-delà d’un certain nombre de clients.
Faut-il payer Apple ou Google pour être dans le Wallet ?
Pas si vous passez par un logiciel de fidélité : c’est l’éditeur qui émet les cartes avec son propre compte. Si vous développez vous-même, l’Apple Developer Program coûte 99 USD par an, facturés en monnaie locale.
Le prix doit-il dépendre du nombre de clients ?
C’est un choix de l’éditeur. Un prix qui monte avec le nombre de clients pénalise les commerces qui réussissent : demandez toujours ce qui se passe au-delà de la limite.
Comment savoir si l’abonnement est rentabilisé ?
Comparez la marge des visites en plus avec l’abonnement et le coût des récompenses. Un bon logiciel vous montre qui est revenu après une relance, pour que vous n’ayez pas à le deviner.